
ŒUVRE
Pièce unique
à propos de l’ŒUVRE
Dans Cartographies de l’Invisible #14, deux surfaces distinctes composent une même œuvre sans être physiquement reliées entre elles.
Entre elles demeure un intervalle vide. Aucun fil ne le traverse, aucune matière ne vient rétablir la continuité. Pourtant, les lignes, les couleurs, les densités et les mouvements amorcés dans un panneau semblent se poursuivre dans l’autre.
Une part essentielle de l’œuvre se joue ainsi dans l’espace où il n’y a matériellement rien.
Le regard franchit l’intervalle et reconstruit une continuité que l’œuvre ne matérialise pas. La séparation reste parfaitement visible, mais elle ne suffit pas à faire des deux surfaces des formes isolées.
Ce qui relie les fragments n’est donc ni un objet ajouté entre eux ni le symbole d’une relation. Il apparaît dans la perception, à partir de correspondances réellement présentes de part et d’autre du vide.
#14 explore ainsi la possibilité qu’une relation demeure perceptible sans être matériellement continue : une limite sépare, tandis que le regard éprouve ce qui la traverse.

MATIÈRES & TECHNIQUES
Ce dont l’œuvre est faite
FIBRES
Laines
Mérinos d’Arles — Bouches-du-Rhône · Brigasque — Alpes-Maritimes · Laine de pays dite « Corde de moine » · Mérinos blanc · Mérinos noir — ces trois dernières laines provenant d’un ancien stock conservé pendant une vingtaine d’années dans une cave à Eygalières avant de m’être transmis
Cotons
Khadi — Bihar, Inde ; filé à la main · Pakucho — Pérou ; variété native naturellement colorée, sans teinture · Coton recyclé · Coton biologique cultivé en Asie et filé en France dans une filature labellisée EPV
Soies
Eri naturellement cuivrée · Tassar · Ghicha · Soie recyclée · Soie forestière
Autres fibres végétales
Bambou · Ortie · Chanvre · Lin · Fibre de bananier · Fibres de palmier
Végétaux sauvages glanés
Roseau · Jonc
Les matières peuvent être employées sous différents états — brutes, cardées, filées, retordues, feutrées ou tissées — selon leurs propriétés et ce qu’elles rendent possible dans l’œuvre.
couleurs / teintures
Les teintures sont réalisées à partir de végétaux, champignons, terres et autres matières récoltées, recyclées ou cultivées, sans mordant minéral ou métallique issu du commerce. Les bains sont poussés jusqu’à épuisement et les résidus compostés lorsque leur nature le permet.
techniques
cadre
histoire de l’ŒUVRE
Ce qui lui est propre
processus
L’œuvre a été construite comme deux surfaces distinctes destinées à être présentées avec un intervalle entre elles. Contrairement à Cartographies de l’Invisible #13, aucun fil ne relie physiquement les deux panneaux.
J’ai travaillé leurs lignes, leurs densités, leurs matières et leurs couleurs de manière à ce que certaines continuités puissent néanmoins être perçues d’un fragment à l’autre. L’espace vide devient alors actif : c’est en le traversant que le regard poursuit des mouvements interrompus matériellement par la séparation.
La palette est parallèlement issue d’une recherche sur la modification des teintures végétales riches en tanins par le fer contenu dans des boues ferrugineuses récoltées aux Baux-de-Provence. Après fermentation, ces boues sont utilisées pour nuancer certaines fibres déjà teintes. La réaction entre fer et tanins assombrit et rabat les couleurs vers les gris et les tonalités sourdes caractéristiques de cette pièce.
Deux phénomènes se rencontrent ainsi dans l’œuvre : une continuité que la matière cesse physiquement d’assurer entre les panneaux, et des couleurs qui apparaissent elles-mêmes par transformation au contact d’une autre matière.
expositions & distinctions
Oh My Laine! — Paris Design Week
Galerie Joseph, Paris · 2026
à propos de cette ŒUVRE
Pour toute demande concernant cette œuvre
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